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Le 25e régiment de tirailleurs sénégalais

Le 25e régiment de tirailleurs sénégalais

Unité de l'armée coloniale au sein de l'armée française, le 25e RTS sera massacré par un bataillon de l'armée allemande en juin 1940.

L’armée française compte dans ses rangs, lors de l’invasion du pays par les troupes allemandes en mai-juin 1940, un régiment de tirailleurs sénégalais.
Du côté adverse, ces recrues « indigènes » continuent, depuis la Grande Guerre, à être stigmatisées comme « barbares »,  « sous-hommes » ou « honte noire ».
Les soldats allemands engagés dans la campagne de France, imprégnés par ces clichés, n’ont aucun état d’âme à faire de ces troupes l’exutoire de l’humiliation des défaites passées et à laisser s’exprimer leur rancœur.

Aux portes de Lyon, la division SS Totenkopf (tête de mort) engagée sur ce front aux côtés de la Wehrmacht, en fournit l’implacable démonstration, le 20 juin 1940.
Cette date scelle, dans la mémoire collective, l’odieux massacre perpétré en toute impunité des soldats du 25e régiment de tirailleurs sénégalais, missionnés, avec trois batteries du 405e régiment d’artillerie anti-aérien, pour tenir le point d’appui de Chasselay (Rhône).

Lyon déclarée la veille « ville ouverte », l’ordre de repli donné aux troupes françaises déployées dans le département pour faire barrage aux Allemands aurait dû être exécuté. Sans doute a-t-il mal été répercuté. Pour preuve, une poche de résistance perdure du côté de Chasselay, où les soldats français tiennent tête à l’ennemi au cours d’âpres combats, avant d’être finalement acculés à la reddition.

Les tirailleurs, aussitôt séparés de leurs compagnons d’armes blancs, sont placés en tête de la colonne qui s’ébranle, puis stoppe sa progression à quelques centaines de mètres de là. Ordre leur est alors donné de s’aligner dans un champ mitoyen, où les attend une salve de feu. Leurs cadavres seront ensuite impitoyablement écrasés sous les chenilles des blindés allemands.

L’infamie de ce crime raciste bouleverse l’opinion. Jean Marchiani, secrétaire général de l'Office départemental des mutilés de guerre, anciens combattants et victimes de guerre,  s’engage aussitôt à réunir des fonds pour acquérir un terrain à Chasselay, à proximité du lieu-dit « Vide-Sac », où s’est joué le drame.
Le 8 novembre 1942, le « tata sénégalais» est inauguré en sa présence (« tata » désignant en Afrique occidentale un lieu dédié aux guerriers morts au combat), un ouvrage sans équivalent en France.
196 sépultures de soldats africains morts pour la France y sont aujourd’hui inhumées. Ce lieu de mémoire et de recueillement, propriété du Ministère de la Défense, est depuis 1966 classé nécropole nationale.


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Dernière modification : 31/01/2011 16:24