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Génération 40 - Les jeunes dans la guerre

Novembre 2018 

« Génération quarante » entend dresser le portrait d’une jeunesse plurielle, transformée par l’expérience de la guerre et de l’Occupation.
Des jeunes, présentés à travers la pluralité de leurs engagements, mais aussi à travers les contraintes, les mots d’ordre et les sollicitations dont ils sont constamment l’objet.

Après Les Jours Sans, consacrée aux pénuries et restrictions alimentaires, le CHRD s’est tout naturellement appuyé sur la catégorie définie par le ministère du Ravitaillement pour délimiter son nouveau champ d’étude : les J3 qui resteront, longtemps après la guerre, le symbole parfois péjoratif d’une jeunesse qui grandit sous le sceau de multiples contraintes. L’expression employée ici, Génération 40, réunit ceux qui vécurent leur adolescence ou entrèrent dans l’âge adulte au cours de quatre années d’occupation.

Au-delà des engagements de certains, les jeunes qui vivent les épreuves de l’Occupation et de la Collaboration composent un groupe hétérogène, dans lequel chacune et chacun ont conscience d’appartenir à une classe, un milieu social déterminé. Jeunesse populaire et jeunesse bourgeoise ne se côtoient guère, quand la séparation des sexes paraît aller de soi, idée entretenue par la Révolution nationale portée par le gouvernement de Vichy. En dépit de ces distinctions, que viendront atténuer les circonstances, les jeunes ont en commun d’avoir été l’objet de multiples sollicitations et tentatives d’encadrement, au sein de leur famille – dont ils partagent souvent dans un premier temps les opinions –, mais aussi par Vichy qui place en eux sa grande œuvre de régénération.

Les diverses organisations de jeunesse créées par le gouvernement de Vichy dans le cadre de sa campagne de Révolution nationale, l’attention que le régime porte à l’enseignement et aux apprentissages, le soin qu’il met à contrôler la formation morale, sportive et professionnelle rendent compte d’un intérêt pour la jeunesse du vieux Maréchal sans cesse réaffirmé. Encadrer et enrégimenter les jeunes constituent en effet la toile de fond de l’action politique de Vichy à leur endroit, une action sur laquelle pèsent aussi les exigences allemandes. À partir de 1942, les jeunes commencent à subir de lourdes contraintes. L’une d’elle concerne l’institution par la loi du 16 février 1943 du service du travail obligatoire (STO) pour les jeunes âgés de 20 à 22 ans, événement qui signe pour certains la fuite au maquis et l’entrée en résistance.